L’attaque des sangsues géantes

De biens étranges évènements se produisent dans le bayou et la rumeur parle de monstres géants… Ambiance suintante avec ce film de série B sans prétention, restauré depuis peu et dans lequel sont adoptés tous les archétypes classiques du film d’horreur animalier issu de la guerre froide.

Un héros lisse, humaniste et efficace. Une fiancée issue de bonne famille, sans un faux plis, même si elle ne comprend pas toujours tout. Un professeur, l’ancêtre des experts, fumeur de pipe et amateur de gros pétards explosifs. A leurs côtés de pauvres mariniers, contraints de braconner, souvent ivres, pas toujours très chics entre eux et sur qui le mauvais sort va s’acharner au moyen de ventouses meurtrières.

Comme toute bonne œuvre science-fictionnelle qui se respecte, L’attaque des sangsues géantes fournit une théorie pragmatique et écologique pour expliquer la mutation des Hirudinea hématophages.

Il s’agit d’une variation de la thématique de l’épisode de 1957 à savoir l’attaque des crabes géants, de Roger Corman produit avec son frère Gene. Les sangsues ont été confiées au jeune réalisateur Bernard L. Kowalski qui s’attèlera ensuite à des séries télé populaires telles que Columbo (le flic à l’imper et cigare), Chips (les deux flics à la moto) ou encore K2000 (Hasselhoff à la voiture qui parle).

À voir dans la bonne humeur, comme une étude des figures de domination dans un univers – le cinéma des États-Unis d’après-guerre – où il faut être riche (et  lisse ) pour rester dans le cadre et assurer sa place devant la caméra.

A voir aussi pour son scénario cousu de fil blanc et ses coutures sur les costumes.