Le désastre de l’école numérique / Philippe Bihoux, Karine Mauvilly

Seuil, 25/08/2016

Le 02 sept 2014, François Hollande annonce un vaste Plan numérique pour l’école de la République, ayant pour objectif de lutter contre les inégalités sociales d’ici 2018 pour un taux d’équipement d’1 outil par élève.

Philippe Bihoux et Karine Mauvilly s’interrogent sur ce projet, sur cette fascination collective pour la technologie, promettant de tout résoudre, même les plaies sociales, et qui loin de former les citoyens de demain, signe un aveu de défaite pédagogique, écologique, sanitaire et sociétal.

De la lanterne magique au numérique, la première partie de l’ouvrage est consacrée à l’historique des « machines à enseigner » en situation pédagogique.

Puis sont examinés différentes d’études, notamment celle de 2015 de l’OCDE , qui constate qu’en moyenne au cours des 10 dernières années, les pays ayant consenti d’importants investissements dans les technologies de l’information et de la communication dans le domaine de l’éducation n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences.

« Les élèves utilisant beaucoup l’ordinateur obtiennent de moins bons résultats en compréhension de l’écrit, même après contrôle de leur milieu d’origine.»
Pourquoi la Corée du Sud qui a un taux d’équipement faible ou Singapour qui a un niveau très élevé de numérisation sont ils en tête en terme d’éducation?

Les deux auteurs défendent l’hypothèse qu’éduquer au numérique c’est enseigner un usage modéré à savoir enseigner à s’en passer.

Les pratiques numériques des jeunes enfants, au regard du développement de la motricité fine de la naissance à 6 ans, de la psychomotricité, offrent quelques points de repères aux éducateurs, animateurs, bibliothécaires, médiateurs.

Un point de vue partagé, comme cette campagne d’information de la Fédération Wallonie-Bruxelles via le site Yapak, qui vise à sensibiliser les parents des jeunes enfants sur les effets négatifs des écrans (télévision, tablette, smartphone, ordinateur…) avant l’âge de 3 ans.

Une initiative presque similaire en France dans le cadre d’un campagne initiée en mars 2016 par le CSA français pour sensibiliser le public aux risques liés à l’exposition des enfants de moins de 3 ans à la télévision.